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Mythos 2026

Thylacine & Grégoire Jokic

La Quête Musicale pour Raison d’Être

La Quête Musicale pour Raison d’Être

 Ce vendredi 3 avril 2026, le Liberté résonnait aux couleurs de Mythos. Dans une salle comble, Grégoire Jokic a fait son arrivée sur scène. Pianiste et compositeur originaire de Normandie, il assurait la première partie de Thylacine. Alliant accords de piano et boucles électroniques, les notes qui composaient son set étaient légères, presque aériennes. Sa voix, très douce, achevait de donner une dimension quasi céleste à ses titres, souvent muets, parfois chantés en anglais, mais toujours teintés de nostalgie. Installé en bord de scène, Grégoire Jokic semblait très ému et a offert une performance très intimiste au public avant de se retirer pour laisser Thylacine faire son entrée. 

Quelques dizaines de minutes plus tard le compositeur et musicien apparaissait. Entouré d’une scénographie aussi esthétique que techniquement remarquable, Thylacine était accompagné d’un pianiste. Plus qu’un set électronique, le compositeur et musicien a offert au public un réel spectacle. Jouant tour à tour du saxophone, du bağlama ou du duduk, le concert donné était une véritable performance musicale. Fort d’une riche culture musicale, Thylacine manipule les boucles électroniques avec brio pour offrir une nouvelle dimension à des instruments à la fois profonds et techniques, résultant en un mémorable voyage musical. 

Le musicien et compositeur a en effet appris la musique autour du monde et cela transparaît dans chacun de ses morceaux, racontant ses voyages et ses rencontres. De la Turquie à la Namibie en passant par le Transsibérien, sa musique est avant tout un carnet de voyage, influencé par des moments de vie passés autour du monde. De ses quêtes créatives, Thylacine a ramené des influences et des enregistrements, qu’il mêle aujourd’hui à des accords électroniques. 

Derrière les deux musiciens se trouvaient des écrans suspendus. Fins et pivotants, de sublimes images de paysages et de danses y étaient projetées, rappelant que la musique de Thylacine trouve bel et bien sa source dans le voyage et la rencontre. 

Ému, le musicien a rappelé son concert dans la salle rennaise de l’UBU, il y a dix ans. Depuis, il en a fait du chemin, tant humainement que musicalement, mais l’artiste semble rester humble ; reconnaissant de voir que sa musique résonne toujours auprès de son public. Rappelé à grand renfort d’applaudissements, Thylacine a conclu sa performance par un morceau d’une remarquable douceur. Jouant du duduk, une flûte arménienne particulièrement exigeante, le musicien était une nouvelle fois accompagné d’un pianiste. Complices et talentueux, les deux musiciens ont offert un moment flottant aux spectateurs, transportés par les accords délicats du duduk et du piano. Ce dernier morceau était à l’image du concert que Thylacine venait de donner : surprenant, délicat et généreux. 


✍️ Par Romane Camus et Inès Penloup
Photos © Élodie Le Gall