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Mythos 2026

Le territoire à découvrir de Yolande Bashing 

Les réarrangements électroniques font durer les morceaux et danser la scène Capeos, sans occulter les textes empreints d’espérance cynique…

 Comme un lundi, l’artiste lillois, accompagné de son bassiste dandy, se produisait sous les derniers rayons se reflétant dans le plafond de verre de la scène Capeos. Un concert gratuit et animé pour finir ce long week-end en beauté. 

Parfois, les algorithmes des plateformes d’écoute réservent de belles surprises : des suggestions qui font plaisir et finissent par être adoptées dans le casque. Dans un mix où se côtoieraient Odezenne, Parcels, Feu! Chatterton et Zaho de Sagazan, Yolande Bashing pourrait se frayer une place de choix. Quelle n’est alors pas la surprise quand on découvre que ce groupe se produit sur scène, que c’est à Rennes et que c’est gratuit ! 

C’est que l’algorithme n’est pas près d’égaler les programmateurices de festivals, elleux ayant, en plus de l’importante fonction d’assurer une programmation aux petits oignons, la possibilité de faire se réunir les gens. Voilà une pensée bien vite balayée par les premières notes qui résonnent. La salle de la scène Capeos s’est remplie, la reprise annoncée du travail le lendemain ne stoppant rien. Déjà, le chanteur se dandine, nonchalant, non sans rappeler les mouvements d’un Arthur Teboul, en lendemain de soirée ou sous vitamines. Le musicien joue de cette attitude désinvolte, mi-punk mi-poète, et on se doute que cela ne peut pas plaire à tout le monde. Il sue et enchaîne les coups de pied dans le vent ; le bassiste en fait de même derrière ses lunettes roses flashy. Certaines lèvres connaisseuses entonnent les paroles en playback, mais vite le public reprend les refrains en choeur : « Et je vais m’amuser à réparer les vivants ». 

Les réarrangements électroniques font durer les morceaux et danser la scène Capeos, sans occulter les textes empreints d’espérance cynique, drôlement déclamés dans le micro par ce clown punk triste. 

Assez pour donner envie de retourner écouter Yolande Bashing, dans le casque ou sur scène, et de se dire qu’on sera contents de les avoir vus là, comme par surprise, un lundi de Pâques 2026. 


✍️ Par Ewen Dubée
Photos © Magali Ruelland