C’est Asfar Shamsi qui a ouvert cette belle soirée au Cabaret Botanique. Lorsqu’elle commence à chanter, elle n’est pas sur scène : on entend sa voix sans encore la voir. Puis, soudain, les projecteurs se tournent vers le milieu de la salle, où elle apparaît, chantant au milieu de la foule. Dès les premières notes, elle pose avec justesse sa voix sur de belles instrumentales. Une douce entrée en matière, à la croisée du rap et de la pop. Elle retourne ensuite chanter dans le public. Une manière très personnelle d’interagir, de briser la distance habituelle et de créer un lien direct avec celles et ceux qui l’écoutent. Ce rapport au public donne une dimension encore plus intime à sa performance, comme si chaque morceau devenait un moment partagé.
Ensuite, Yoa. Une artiste féministe engagée dont la performance sur scène a captivé tout le public. Accompagnée de deux danseuses, elle ne propose pas simplement un concert mais une véritable performance, pensée dans ses moindres détails. Ainsi, elle nous a présenté un vrai show, elle-même se révélant aussi bonne danseuse que chanteuse. Et ce n’est peu dire car la voix de Yoa est sublime, résonnant particulièrement dans la salle, et dans les cœurs. Sur scène, elle impose ses codes. Il y a chez elle une certaine liberté, une manière d’habiter son corps et sa parole qui dégage une confiance presque contagieuse. Cette assurance, mêlée à son incroyable énergie, crée une connexion immédiate avec nous, le public. On ne regarde plus vraiment un spectacle : on est dedans. Bref, Yoa c’est une femme iconique. Et une chose est sûre : elle n’a pas fini de marquer les esprits.
Enfin, c’est Ino Casablanca qui a clôturé la soirée. Le public l’attendait impatiemment, il n’a pas été déçu. Ino a enflammé le cabaret botanique. Dès les premières notes, on se laisse directement entraîner, le corps ne peut s’empêcher de suivre le rythme. Son univers hybride, entre musique électronique et instruments traditionnels, prend vie. Ino Casablanca ne cherche pas à entrer dans une case, ça se sent immédiatement. Sa musique est un mélange unique, nourri d’influences multiples, notamment espagnoles, caribéennes et marocaines. Elle raconte une histoire : celle de ce jeune artiste dont la musique ne connaît pas de frontières. Pour prolonger l’énergie jusqu’au bout, il a même rejoué certains de ses titres les plus marquants, comme Bissap du 20e, Dima Rave ou encore Kitlé, maintenant le public en haleine jusqu’aux derniers instants. Une fin de soirée intense, dont on gardera un très beau souvenir…
✍️ Par Sarah Lisse
Photos © Elisa Roy