Le parquet du Cabaret a tremblé sans interruption entre les basses et les pas des danseur.euse.s.
Engagés et fougueux
Percussions, synthé, accordéon… Avant même l’arrivée du public, Bonne Nuit est déjà installé sur scène. Ce quatuor, porté par Théodore Babarit et Étienne Coutand, arrive tout droit, ou presque, de Vendée. Habillé d’ensemble larges et bleu clairs, semblables à des pyjamas, ils ne sont pourtant clairement pas là pour raconter des comptines !
Une impression qui se confirme dès les premières secondes sur scène. Sur des airs entraînants, leurs paroles sont parfois crues et assez sous-entendues pour que l’on comprenne qu’ils dénoncent les problématiques sociétales actuelles telles que le capitalisme et les pressions au profit qu’il engendre (comme dans « Merci aux riches ») ou encore les pollutions (« Les végétaux »). Des titres que l’on retrouve dans leurs deux EP sortis en en juin 2023 pour « Bonne Nuit » et en février 2026 pour « Crier Vomir Pleurer ».
Synchronisés dans une marche militaire, « L’ascenseur » résonne dans le Cabaret et les spectateur.ice.s suivent la rythmique de la tête. Bonne Nuit porte ainsi les messages de sa « génération volée » avec « des rêves assassinés pour faire fructifier les affaires ». Plus doux et mélancolique, le quatuor tout de paillettes vêtues a aussi interprété « Montréal », une chanson d’amour douce et mélancolique.
Entre deux chansons, le groupe pleinement engagé interpelle Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, pour dénoncer les coupes budgétaires réalisées dans le milieu de la culture. Emmanuel Macron, président de la République a également été interpellé avec énergie par le groupe autant que par le public.
« Dernières chansons avant l’apocalypse », annonce Étienne Coutand. Sûrement parmi les chansons les plus connues du groupe, « La vie est belle », « Les végétaux » et « On a bien rigolé » clôturent avec toujours autant d’énergie le concert. Un enchaînement qui affirme la puissance des végétaux par rapport aux défauts de l’espèce humaine.
Entrainé jusqu’au bout de la nuit
Le reste de la soirée se poursuit avec deux live set : NTO tout d’abord et LB AKA LABAT pour clôturer la soirée.
Sourire aux lèvres, NTO semble prendre autant de plaisir que les spectateur.ice.s présent.e.s dans la salle. Attentif, le producteur originaire du Sud de la France sait attendre le moment opportun avant de se lancer, alors que les bras se lèvent petits à petits pour réclamer ses lancements. Conquis, les spectateur.ice.s n’hésitent pas, autant au centre que sur les côtés du Cabaret, à danser en rythme.
Expert de la techno mélodique et de la techno minimale, NTO compose principalement avec des éléments instrumentaux qui lui permettent d’apporter de la puissance et de jouer avec des rythmiques différentes. La température a sûrement augmentée de quelques degrés et le public du Cabaret Botanique en redemande, mais c’est déjà la fin du set pour NTO qui laisse place à LB AKA LABAT.
Cheveux rouges et longues lunettes noires, LB AKA LABAT, de son vrai nom Baptistin Cabalou, commence son live set devant un public encore plein d’énergie, du devant de la scène aux portes de la salle. Encore une fois, le parquet du cabaret tremble sous les pieds des spectateur.ice.s de tout âge.
Maître des transitions, on retrouve parfois dans les compositions du producteur originaire de Strasbourg des éléments de hip hop, de techno ou d’house. Il varie ainsi les sonorités et les voix, en anglais et en espagnol, de manière entrainante. C’est par exemple le cas de « Feel the Beat », un appel à se lancer sur la piste.
Avec « Feel so good around U », tiré de son dernier projet du même nom sorti en février 2026, LB AKA LABAT signe la fin d’une soirée électrique sous le Cabaret Botanique.
✍️ Par Wendy Mengant
Photos © Anaïs Studio