Catégories
Mythos 2026

M’aider : la danse et le politique en harmonie en faveur de la vie.   

Le Mem, obscurité totale. Au détour d’une étincelle dansante, d’une ambiance lourde et grave, Guillaume s’empare de la scène.

Le Mem, obscurité totale. Au détour d’une étincelle dansante, d’une ambiance lourde et grave, Guillaume s’empare de la scène. Empli de chaleur humaine, il libère une vérité incandescente. 

Le spectateur est troublé. Il embarque tantôt dans les rouages de l’horreur que dans les profondeurs de l’humanité. 
Lentement, Guillaume nous fait voguer au rythme d’une danse, à bord de l’Ocean Viking — ce navire chargé de recueillir celles et ceux que l’océan arrache à ses profondeurs. Celles et ceux dont il ne reste que l’empreinte salée dans nos mémoires. Chaque geste est un cri, chaque regard une histoire, chaque lumière une lueur d’espoir.
Les enjambées légères souligne la tragédie humaine qui se cache derrière le spectacle. Le drame se dévoile dans un ballet caressant notre âme. La danse se mue en une vague ramenant de l’océan les naufragés oubliés. 
Ce ne sont pas des migrants, ni des voyageurs ou des assistés; ce sont des aventuriers. Des humains déterminés à combattre leur destin. Des femmes, hommes et enfants se lançant au prix de leur vie vers une once de bonheur. Celles et ceux qui affrontent avec bravoure l’écume de la vie. Sublimé par des lumières puissantes, Guillaume joue de son corps comme il joue avec notre cœur. 

M’aider n’est pas qu’une leçon de vie. C’est un cri. Un cri d’urgence en faveur de l’humanité. Le cri de ceux qui luttent et ceux qui sauvent.

À l’issue du spectacle, Guillaume, sauveteur en mer, la metteuse en scène et des bénévoles de l’ONG SOS Méditerranée nous rappellent avec force l’importance vitale de leur mission. Dans le silence assourdissant que les médias de masse imposent aux tragédies maritimes, ils portent la lumière sur ces vies suspendues. Leur engagement, fragile et courageux, s’expose aux tempêtes du danger — comme en témoigne l’incident d’août 2025. Depuis janvier, les chiffres glaçants racontent l’ampleur du drame : 655 âmes perdues dans l’immensité salée de la mer.


✍️ Par Amaury Alga
Photos © Benjamin Le Bellec