Complices et dans leur élément sur la scène Capeos, Dressed like Boys a conquis le public de Mythos.
En ce début de soirée, des personnes de passages ou des curieu.x.euses sont attiré.e.s par les premières notes de piano et de guitare. D’autres, moins nombreux, patientent depuis quelques minutes devant la scène. Toujours est-il qu’avec des chansons aussi entrainantes qu’émotives, Dressed like Boys ne laisse pas indifférent.
Investir la scène Capéos
Difficile de conquérir un public qui ne connait pas ou peu sa musique. Porté par une énergie communicative et une bonne sélection de chansons, Dressed like Boys nous fait découvrir son univers.
Évoluant dans des sonorités rappelant la pop, l’indie folk et les années 70, Dressed like Boys, c’est d’abord le projet solo de Jelle Denturck, chanteur et compositeur, accompagné de quatre musicien.ne.s. Placé au centre de la scène Jelle Dentuck donne le ton en introduisant la plupart des chansons au piano. Il est ensuite suivi d’une guitare électrique, d’une basse, d’une batterie, et de mixage. Dès leurs premières notes, on ressent que les cinq musicien.ne.s s’amusent sur scène. Complices et joyeux, ils s’échangent des regards et des rires. Sur la scène Capeos, ils sont dans leur élément et entraînent le public avec eux.
Sur « Agony Street » les hochements de tête et les mouvements dans le public se font plus francs. Il faut dire que c’est aussi le moment où la guitare et la batterie s’élèvent peu à peu. Jelle Denturck descend d’ailleurs de scène, micro à la main, pour rejoindre le public le temps de la chanson. Seul au piano, le compositeur belge livre ensuite une impressionnante et touchante performance vocale avec « And then I woke up ». Car, si la plupart des mélodies sont entraînantes et chaleureuses, avec un brin de nostalgie, les paroles sont souvent plus sombres qu’elles ne le paraissent.
« Stonewall Riots Forever »
La majorité des chansons interprétées sont tirées de l’album Dressed like Boys sorti en 2025. Comme pour la chanson « Jaouad », elles explorent des thématiques liées à l’identité queer, la construction et l’acceptation de soi. C’est ce qui est notamment
exprimé au début de la chanson par les paroles « Did you find yourself, were you created / One breath at a time / Did you bake your face to reclaim it / One brush at a time » (« T’es-tu trouvé, ou as-tu été créé ? / Un souffle après l’autre / As-tu façonné ton visage pour te le réapproprier ? / Un coup de pinceau après l’autre »). Comme le refrain, lourd de sens, chanté en coeur par l’ensemble des musicien.ne.s, « Do you wanna be understood without having to be understandable » (« Veux-tu qu’on te comprennes sans avoir à te faire comprendre »). Moins à l’aise en français qu’en anglais, Jelle Denturck tient à expliquer qu’il a écrit cette chanson en lien avec le vécu de l’un de ses amis marocain, gay, musulman et drag queen.
Vers la fin du concert, Dressed Like Boys emporte le public par la mélodie rock de « Pinnacles ». Entraînante, presque planante tant elle s’étire dans les aiguë de la guitare électrique avant de retrouver tranquillement la scène Capeos. Elle reflète un profond message d’espoir et de lutte pour s’affranchir des contraintes et des injonctions.
Pour clôturer le concert, Dressed Like Boys interprète « Stonewall Riots Forever » avec émotion. Par cette chanson, ils rendent hommage aux émeutes de Stonewall de l’été 1969 à New York (États-Unis) après l’attaque par la police d’un bar LGBTQIA+. Qualifiées d’émeutes, de soulèvements ou de rébellions, ces évènements ont donné lieu à de nombreux mouvements de libération de la communauté, et notamment aux premières Pride (ou Marche des Fiertés). C’est peut-être la chanson la plus importante, « celle pourquoi le groupe Dressed like Boys existe » affirme Jelle Denturck en anglais. C’est d’ailleurs une des premières qu’il a écrites.
À la fin de cette ultime chanson, les points des cinq musicien.ne.s se lèvent pour ne pas oublier que les luttes sont toujours en cours pour permettre à tou.te.s le droit d’être soi-même.
✍️ Par Wendy Mengant
Photos © Nico M