Aaaaaaahh Rémi. Maxime, François, Victor, Yoan… Adèle. L’histoire de ses amours en somme. L’histoire de sa vie, de ses envies, de ses peurs, ses doutes, ses désirs. En nous racontant sa vie, c’est un peu notre vie à tous qu’Adèle Zouane, comédienne et auteure, expose sans tabou, sans pudeur. Pendant une heure et demie, Adèle Zouane dévoile, dans l’intimité du Cabaret Botanique, les différentes étapes qui ont jalonné sa vie amoureuse et qui ont contribué à façonner sa personne. Sur scène, on apprend à la connaître, découvrant une Adèle en CE2, comptant ses amoureux, puis on l’accompagne pour son premier baiser au collège ; on la suit dans sa première fois au lycée, pour la quitter adulte et espérant toujours l’homme de sa vie.
Sous forme de lettres, d’injonctions, la comédienne nous ouvre son cœur, et nous livre une prestation à la fois bluffante et émouvante. D’un œil malicieux, Adèle Zouane questionne l’amour, le désir, la sexualité, la relation à l’autre, dans une sincérité espiègle qui rapproche. Le tout sans jamais tomber dans la mièvrerie : et c’est là toute la force de ce spectacle, porté par une comédienne fleur bleue, qui croit en le grand amour, mais qui ose se mettre littéralement à nue et hurler devant des inconnus : « Je veux baiser putain !! ». Quand on l’interroge sur la manière dont elle a élaboré son spectacle, Adèle Zouane explique qu’elle écrit « à voix haute », et ça se sent : sa parole est spontanée, faite pour être déclamée, et ses mots suffisent à remplir l’espace d’une scène dépouillée. Seule sur scène, son récit n’en est pas moins puissant, il nous ramène à nos propres expériences, notre école primaire, la cour du collège, la colo. On aurait presque envie de l’inviter à boire une bière au bar pour qu’elle continue de nous raconter ses histoires, comme une vieille amie qu’on revoit enfin. Et finalement les paroles du début de son spectacle reviennent : on a toujours tendance à reconnaître quelqu’un que l’on connaît dans le visage d’un inconnu.
Photo © Franck Boisselier