Mercredi, Jérôme Rouger nous présentait à L’Aire Libre « Plaire, abécédaire de la séduction », qui sera également joué au Théâtre de La Paillette lors du Festival Mythos. L’occasion pour nous d’écrire un article à 6 mains sur ce spectacle déjanté…
Enna
E comme époustouflant. C’est le terme qui convient au spectacle qu’a donné Jérôme Rouger à L’Aire Libre, mercredi soir. Mêlant cours magistral, danse, chant, installations scéniques qu’il qualifie lui-même de « conceptuelles », Jérôme Rouger nous emmène dans un univers délirant, sous prétexte de définir la séduction. La séduction, il y en a bien, dans ce spectacle. Mais dans une forme bien plus large que sa conception traditionnelle… la séduction amoureuse, qu’elle passe par l’expérience de la première galoche, ou par le soin apporté à son apparence physique, est loin de résumer à elle-seule le mot. Jérôme Rouger explore ainsi la séduction politique, faisant émerger ça et là les figures d’un Valéry Giscard d’Estaing mélomane ou d’un George Frêche écœurant de cynisme. Enfin, l’artiste ne manque pas de lier théorie et pratique en séduisant son public, qui ne sera pas déçu de cette prestation… entre Nadine de Rothschild et Mike Brant, en passant par Shakespeare, Jérôme Rouger fait valser les époques et les registres, glissant discrètement quelques références à notre actualité politique. Je ne vous en dis pas plus, vous pourrez le constater de vos propres yeux lors du festival Mythos les 5 et 6 avril au Théâtre de La Paillette !
Estelle
Jérôme Rouger nous embarque dans son expédition autour de la séduction. Le comédien se fait troubadour. Il fait intervenir ici du chant, ici de la danse pour illustrer son discours. On se laisse entraîner dans ce tour d’horizon de la séduction, on se délecte de ses divagations. Le surprises s’enchaînent sans que l’on s’en lasse. Jérôme Rouger mêle amour et politique, léger et sérieux dans un one-man show parfaitement orchestré. Sa maîtrise de la scène et des possibilités qu’elle offre alimente son show et conquiert définitivement le public. Rien n’est laissé au hasard pour capter son attention, que ce soit le son avec ses symphonies électroniques, ou les lumières, avec ses spots chaleureux. Il réussit le tour de force de nous faire sentir presque chez nous, à l’aise, installés dans nos sièges. La salle entière se laisse captiver, les rires fusent et les esprits s’unissent en une même voix jusqu’à l’orgasme final : une standing ovation à l’unisson… Trop de plaisirs.
Mathilde
Lumières rougeoyantes, écran bleu électrique… confortablement installés dans les moelleux fauteuils de L’Aire Libre, nous nous sentons dans une ambiance qui promet déjà de nous charmer.
Les spots baissent en intensité et l’ombre de Jérôme Rouger se met à déambuler, un cadre, un miroir… Le spectacle commence. Il nous promettait un abécédaire, oui, mais pas d’ordre strict à celui-ci. Déroutant mais palpitant, on ne comprend pas tout de suite où ce joyeux fanfaron veut nous mener : quels liens tisser entre les différentes répliques ? Là réside en fait, tout l’art de réussir à capter notre curiosité : des paroles que l’on pensait être lancées à la volée prennent soudain sens quand reviennent une thématique évoquée plus tôt. Un one-man show qui se voulait a priori sans interaction avec le public : que nenni, le fourbe nous a bien eu et c’est ça qui est séduisant.
Le ton léger, la bonne humeur du comédien bout-en-train, le thème de la séduction abordé d’une manière que l’on n’aurait pas imaginée : avec humour, par biais et fausses gaffes. Un moment qui redonne le sourire… et donne vraiment beaucoup de plaisir.
© Nico M