277, 278, 279, 280… Non, ce n’est pas le nombre de variétés de melons que l’on peut trouver sur les marchés bio de Rennes mais le nombre de bénévoles qui s’activent sur le festival Mythos une semaine durant. Cela peut paraître déjà conséquent, mais la quantité de travail nécessaire à la bonne tenue du festival est tellement importante que ce nombre pourrait augmenter sans aucun problème. Aucun ? Peut-être un peu plus de travail pour le responsable de tout ce casse-tête logistique. C’est à Kévin qu’a été dévolue la tâche (entre autres) de déterminer le nombre de personnes nécessaires pour chaque équipe afin que celle-ci fonctionne de manière optimale. N’oubliez pas, on n’est pas là pour compter des melons ! Ici on compte les bénévoles et ils sont nombreux !
Pour faire face aux imprévus, qui ont la fâcheuse tendance à se multiplier précisément la semaine du festival, il recrute désormais les bénévoles sur la base d’un questionnaire en ligne qui permet d’affecter les bénévoles au poste qu’ils désirent. Cette administration nécessite une grande réactivité car les changements de dernière minute sont choses communes mais c’est également ce qui fait l’intérêt de ce métier car « chaque demi-heure est différente ». Mais qui est donc cet homme aux nerfs d’acier ?
Présentons un peu le personnage. Car oui, Kévin c’est un personnage, « M.Bénévoles » même, et avec l’orchestre de volontaires qui compose Mythos, il faut bien un chef à la baguette. Comme tout chef d’orchestre qui se respecte, Kévin sait écouter. Il appelle les gens par leurs prénoms, plaisante avec eux, demande des nouvelles depuis l’édition précédente. Ainsi, un climat de confiance s’est instauré entre lui et les bénévoles, au fil des ans, au fil des mots. Kévin, salarié à l’année dans l’association Paroles Traverses, occupe donc ce poste au sein du festival depuis désormais 5 ans. Auparavant cette mission était confiée chaque année à des stagiaires différents. En instaurant un climat de confiance, des réflexes ont pu être pris, ce qui a permis aux bénévoles de devenir fans de la « Kévin’s touch ». Au-delà du gain en efficacité, une relation d’un type particulier s’instaure. Les bénévoles ne sont plus seulement ces quelques bonnes âmes qui viennent vous donner un coup de main ponctuel, mais ils deviennent au contraire de véritables compagnons de voyage le temps du festival. Ce sont en effet de véritables liens qui se tissent pendant cette semaine, si riche en émotions qu’elle paraît en durer quatre.
Kevin les accompagne tout au long de leur voyage dans l’univers Mythos. Il récupère leurs cotisations pour adhérer temporairement à l’association Paroles Traverses, ce qui permet aux bénévoles d’être couverts le temps du festival par l’assurance de l’association. Cette adhésion permet également de remercier les bénévoles de leur engagement en leur offrant des réductions à des spectacles en avant-première par exemple.
Mais que se passe-t-il donc pendant le festival ? Non seulement Kévin accueille les différents bénévoles, leur procure les pass nécessaires mais c’est aussi lui qui s’assure que tout se passe pour le mieux dans les différentes équipes. Dans les cas où les désistements seraient trop nombreux, il doit s’occuper de pallier les absences éventuelles des bénévoles. Ainsi il subit une grosse pression pendant le festival, devant parfois donner un coup de main à la plonge, à la sécurité ou au ramassage des ordures car « les journées type, ça n’existe pas ». Les périodes creuses pendant la durée du festival sont rares, aussi son expérience du festival n’est pas la même que celle de nous autres, chanceux spectateurs. Kévin nous raconte que lors de l’édition précédente, il s’était rendu à un spectacle qui l’intéressait mais malheureusement, terrassé par la fatigue, il s’était endormi au cours de celui-ci.
Kévin est particulièrement impliqué dans l’organisation et la bonne tenue du festival Mythos mais il nous précise que l’essentiel de son année est consacrée à l’accompagnement de 17 compagnies de spectacles représentant pas moins de 500 représentations par an
Le temps de prendre une photo de ce sacré personnage et l’interrogatoire est enfin terminé. Nous ne résistons pas au plaisir de vous faire à nouveau partager cette expression qui sans aucun doute fera date dans la petite histoire de ce blog :
« ON N’EST PAS LA POUR COMPTER DES MELONS ! ».