La file d’attente pour le spectacle de Carmen Maria Vega à 18h s’étirait jusqu’aux portes du Thabor. Et c’est devant une salle comble que la jeune femme fit une entrée fracassante. Si la voix de Carmen était déjà un bijou dans ses chansons satiriques telles que « qu’est ce qu’ils sont cons ces pauvres » ou « la menteuse », elle se révèle dans ce nouvel album qu’elle a présenté au Magic Mirror ce dimanche pluvieux. « Fais moi mal Boris » est un hommage au poète du début de ce XXe siècle.
Et c’est un véritable succès ! La jolie brune fait revivre Boris Vian et son humour, tout en rajoutant sa propre touche d’humour, et des sonorités rock’n’roll. Tout y est, des classiques de Boris Vian tels que « Je bois » ou « Fais moi mal Johnny » ou encore la « java des bombes atomiques » en passant par le magistral « j’suis snob ». Mais aussi des perles plus rares, tels que des poèmes très touchants, plus méconnus. Le public est particulièrement ému par une chanson « comme s’il pleuvait », un couple auprès se moi s’enlace, et l’instant est suspendu.
Elle réinterprète ces chansons pour faire « bouger sa frange » à son public enthousiaste. « Quelle prestation ! » entends-je à ma droite, l’artiste pleine d’humour rit de sa propre interprétation des poèmes, « J’ai mis six mois à l’apprendre cette connerie » s’écrit-elle. Je ne peux pas commenter chaque chanson, mais sa version du déserteur est particulièrement émouvante. Chaque chanson est magnifiée, et le meilleur en est tiré.
Le spectacle se termine, non pas par un rappel, puisque « les rappels c’est chiant », mais par une géniale surprise, je ne veux pas en dire trop et je pense rester sobre en disant qu’il y intervient un créateur de mode, des lumières et beaucoup, beaucoup d’humour.